L'Esprit de chasse


L’ESPRIT DE CHASSE

Il se faisait appeler Phébus en raison de sa beauté et de ses succès militaires. Phoebus étant la dénomination  latine de l’Apollon grec, dieu du soleil et du charme masculin. Passionné de musique et de lecture, Gaston  III de Foix-Béarn fut un grand chasseur devant l’Éternel. Et ce n’est point une vaine formule. En preux chevalier,  il cherchait le Graal. Où le roi Artur en arrive à tuer son fils Mordred, lorsqu’il part à la recherche de l’absolu. Où le ciel est peuplé d’anges, de fées, et de croix du Christ. Comme Artur il répudia  son épouse et il tua son fils, qui avait cherché à l’empoisonner, sur les conseils de son parent Charles le Mauvais, roi de Navarre.

Phébus fut-il heureux ? Sa vie familiale fut un désert. Sa cour et ses compagnons d’armes furent sa vraie famille. La chasse et la politique sa vie quotidienne.

C’était une époque sans fusil, sans jumelles ni lunettes. L’Ours des Pyrénées, le sanglier sauvage, le cerf peuplaient les campagnes. On se battait au couteau contre l’ours, avec un épieu contre le sanglier. Le chasseur affrontait lui aussi le risque de mort. L’esprit se confrontait au mystère de la création, de la vie et de son agonie, dans un effort physique permanent. La chasse, comme la guerre, menait à la mort violente de l’autre être vivant. On se tuait entre chevaliers. On tuait des animaux en seigneur. La souffrance de l’animal était naturelle, tout comme la souffrance de l’homme à la guerre. C’était une violence acceptée, voulue par Dieu. La mort brutale était parfaitement admise. On ne pouvait parler de cruauté avec l’agonie d’un guerrier ou d’une bête : on intégrait tout cela à un ordre naturel des choses et à une joie profonde liée au sang.

À  partir  de  ces  notions  de  violence contrôlée  et parfaitement stylisée, on pouvait mener son parcours vers le salut qui était la finalité de chacun. Les décors de chasse, les décors dans les châteaux avec des têtes de cerf empaillés, ne comportaient aucune haine, aucune ndifférence envers l’animal. Tout au contraire. On disait que l’on servait la bête lorsqu’on la tuait, on la présentait dans une cérémonie ressemblant à une bénédiction, on lui rendait les honneurs. On s’était épuisé physiquement et mentalement, on était heureux, on venait d’accomplir un acte de vie qui permettait de styliser sa propre survie et celle de son espèce, de sa famille, on s’était entrainé à la guerre, elle aussi éternelle, comme la traque, la lutte, la nécessité biologique de la meilleure des nourritures. L’utilisation de l’arme blanche donnait au chasseur une dimension sacrée lors de son acte de tuer.
C’était la chasse de Saint Hubert après avoir été celle de Diane Chasseresse.  Elle ressemblait  aux guerres de cette époque, où l’on devait voir de près les yeux de l’ennemi pour lui faire rendre l’âme.

C’est une brutalité sauvage qui s’inscrit dans un cadre raffiné. La pensée garde intacte sa part animale. Le sentiment s’exprime d’une autre façon que paisible, elle est bien plus proche de l’acte d’amour et de passion liée au plaisir. Le psychisme doit se calquer sur l’organisation naturelle et complexe de la forêt. Un bon chasseur peut alors comprendre et assimiler le monde dans sa totale réalité. Il  est le meilleur ami de la forêt et des bêtes. Il n’attente pas à la diversité biologique. Son intérêt est dans le foisonnement de la vie, favorable à ses prochaines chasses pour le plaisir de voir cette nature qu’il aime et qui, en bout de compte, le mène au merveilleux. Vie et mort sont indissolublement liées pour une autre forme, on quitte l’apparence de la vie pour arriver à l’au-delà, au paradis des bêtes et des hommes.
 
LE LIVRE DE CHASSE

Gaston Phébus écrit un hymne naturaliste, d’une grande poésie, d’une force revigorante. Notre regard envers la chasse a changé parce que nos conditions techniques de vie se sont modifiées. Ce traité de chasse écrit par un grand seigneur de la France, lu près de six siècles après sa rédaction, nous offre une autre vision de l’homme, telle que nous le fûmes dans un monde où le rapport avec la nature était plus direct. C’est toute une autre culture qui apparaît. Une sensation de l’humain différente. Mais peut-être bien plus noble. Parce que plus au contact des éléments fondateurs de notre histoire humaine. L’homme doit écouter le vent et la pluie. Il doit sentir le contact avec la Terre par le biais de la terre et de l’herbe humide au petit matin, lorsque le soleil se lève. Il doit être capable de survivre dans une nature qui lui est hostile mais belle à l’infini.

Ses sentiments sont ainsi à la fois complexes, réfléchis, respectueux. Ils débouchent sur le désir, sur l’amour et le soin. Ils mènent à un entraînement qui permet la perfection de l’esprit et du corps. Ils représentent  l’ordre du monde tel que le voyaient les chevaliers et le monde aristocratique.

La chasse devient un exercice moral, rédempteur. Elle permet à celui qui la pratique noblement d’accéder au Paradis après sa mort. Elle lui évite l’oisiveté, source de bien des maux, et lui fait entretenir son corps et son esprit.

Elle mène au rêve éveillé, les mots  pour  la décrire forment une suite de poèmes réalistes. Derrière la traque de l’animal, il y a toute une poésie dictée par le sang et la mort. Cette mort n’est pas virtuelle. Mais elle est vertueuse. Elle mène à la vie. Aux capacités vitales du chasseur qui aiguise son instinct pour tous les autres combats qu’il mène. C’est une question de faim et de soif. Son rôle dans l’immense nature est équilibré par cette activité aristocratique. La chasse doit reposer sur la difficulté, l’appréciation du risque, et la force tempérée. Gaston Phébus s’emporte contre les chasseurs utilisant des pièges.  Il voue à la potence les chasseurs de lièvres au collet qui, sans effort, capturent un animal étranglé par des leurres et des ruses non nobles. C’est toute une expression de la violence qu’il définit ainsi en lui donnant des codes équilibrés. La beauté et l’instinct de tuer ont à la fois le droit et le devoir de s’exprimer, mais dans certaines règles respectées menant à la lutte et au dépassement, à l’entrainement de soi-même.

Gaston Phébus nous a légué un livre, à la fois encyclopédie pratique et encyclopédie de la moralité. Elle justifie par des exemples concrets une philosophie du combat et de la mort
Tout est en retenue, mais tout est dit. La précision des mots et des images contrôle les expressions excessives des sentiments, les lois de la nature sont respectées. C’est un hymne à l’équilibre moral, à la volonté de vivre jointe au destin de mourir. Etre tué n’est pas une violence nutile ni une forme de déshonneur. C’est une destinée qui s’inscrit dans l’ordre mystérieux du temps. Pour que le souffle de la vie passe. Avec les subtilités du vent dans les feuillages, les odeurs des arbres et des animaux. La valeur morale de la chasse est décrite dans une perfection où  l’animal est aimé. N’oublions pas que l’animal est lui-même un chasseur.

Le livre est composé d’un prologue philosophique, et de quatre parties. La première décrit les différentes espèces animales de la chasse, leurs maladies et les soins que l’on peut y apporter. Les remèdes qu’il propose pour soigner les chiens et les chevaux, les méthodes de préparation du gibier, sont décrites avec la précision d’un professionnel expérimenté, qui a su réfléchir et comparer les différentes techniques. La deuxième partie parle des chiens et de leur dressage. La troisième instruit sur les différents types de chasse, de curée et de dépeçage. Ensuite sont décrites les chasses au piège, à l’arbalète ou utilisant d’autres engins.

L’auteur décrit joliment la vie d’un veneur : il  entend le  chant  de  oiseaux, il  mange sainement, il  respire calmement, il mène une vie positive, qui doit en toute espérance le mener au Paradis, parce qu’il n’a pas le temps de mener une vie oisive ou de penser le mal...
 
C’est un sage.

Gaston Phébus est un être cultivé. Il  fait référence aux grands anciens, à Pline et Aristote... Mais il décrit surtout  sa  propre  expérience, avec sa  longue vie à chasser, il  raisonne par le concret, et chaque fois qu’il n’est pas sûr d’un fait, il le précise bien.  Dans tous ces détails, il ne se perd pas, car il y a un sens à tout cela, c’est la parousie, l’extase divine dont on est prévenu en ce monde terrestre par l’agencement de la nature et de la vie.

La traque du gibier obligeait à une connaissance parfaite du monde animal. Il  en sortait une science du comportement souvent oubliée de nos jours au profit d’une psychanalyse reposant sur le traumatisme et non l’instinct vital. C’était toute une éducation aristocratique où le désir était lié directement  au plaisir de la chair conquise par la force et l’intelligence du combat. On acceptait l’idée de sélection par la violence et la supériorité au combat d’une espèce vivante contre une autre. Un tel modèle se retrouvait dans le monde humain. Où tout était lutte. Mais une lutte qui devait être menée avec respect. Dans ces conditions morales décrites par Gaston Phébus, l’ordre social trouvait sa parfaite justification devant Dieu et les hommes, et devant les animaux.

Le périmètre de chasse était hiérarchisé. Les nobles contrôlaient les forêts dont ils étaient les propriétaires. Le gibier leur appartenait. Cette hiérarchie, comme toute  organisation moyenâgeuse, reposait sur  une approche cosmogonique permettant un équilibre spirituel sur terre, devant mener sur les chemins de Dieu. À une époque où l’espérance de vie était bien plus courte, l’esprit aristocratique donnait le ton, la nature avait un autre sens que celui se développant dans notre société industrielle : elle était source de vie et de mort. L’animal avait sa place, tout comme le soldat ou le paysan ou le producteur artisan. L’équilibre social rejoignait celui de la chaîne alimentaire. Le rapport avec l’animal s’inscrivait dans une cosmogonie.

La langue naturelle de Gaston Phébus était le béarnais. Il  parlait aussi l’occitan, le catalan, le français et le latin. En seigneur très occupé par la gestion de ses terres et ses loisirs, il allait dicter ses livres. Cela donne un style parlé, simple et heureux, extrêmement clair. On sent l’homme d’action, réfléchi et amoureux de la  nature. De nos jours, il  aurait été un partisan de l’écologie. C’était un passionné de ce que l’on appelle la cynégétique. Il  rend beau un acte qui aujourd’hui nous perturbe. Parce que notre rapport à la mort s’est modifié, et que nous avons tendance à l’occulter. Son livre nous ramène à une dimension humaine qui est aussi plus juste et plus humble.

LE LIVRE DES ORAISONS

Il  est joint au Livre de la Chasse et au Traité des Déduits de la Chasse. Celui-là nous montrait l’osmose naturelle de l’homme à l’intérieur de la nature. Le Livre des Oraisons nous indique la place naturelle de l’homme face à la puissance religieuse de ce même monde. La philosophie de l’équilibre est le but ultime, elle passe par le dépassement de l’être dans une religion chargée d’apaiser la souffrance du monde. Nous sommes dans une société qui manipule les concepts d’humanisme, d’humanité  et  de  bonté.  L’ordre  et  sa  supériorité aristocratique correspondent  à  une  nécessité vitale. C’est le seul moyen de préserver le faible et le fort de leurs faiblesses. Ce Moyen-âge qui fut tant décrié porte déjà bien haut les valeurs que l’on prête spécifiquement à la philosophie issue de la Renaissance et des Lumières.

Il y a cette sensation de la présence de Dieu et de son ordre surnaturel dans lequel l’être humain a une place parce qu’il y est intégré au même titre que les plantes, les différentes espèces vivantes. Gaston Phébus a écrit un manuel de chasse suivi d’un manuel de religion, mais c’est aussi un traité du bonheur et de l’épanouissement, tel qu’on le concevait pour l’aristocratie et le peuple. On peut, de nos jours, en tirer des enseignements pour une rectitude profonde.

Gaston Phébus fut un excellent seigneur. Sa réputation, grande de son vivant, au XIVe siècle, a traversé les siècles. ll sut conserver la sécurité et le bien-être sur les territoires dont il avait la charge. Il sut indiquer à l’ensemble de l’Europe une façon de chasser et de prier qui était déjà codifiée, mais complétée de son expérience, de ses joies et tourments. Il était par sa naissance un des plus grands seigneurs du Sud-Ouest de la France. Il était comte de Foix et devait hommage au roi de France. Il était vicomte de Béarn, de Marsan et de Gabardan et se retrouvait pour ces terres vassal du roi d’Angleterre. Partagé entre les  deux monarchies, il  en profita pour se déclarer neutre entre ces deux puissances qui s’affrontaient lors de la sanglante Guerre de Cent ans. Il avait aussi comme ennemi les Armagnac et Charles  II le mauvais, le prince de Gascogne. Il réussira  une martingale très calculée, à laquelle il consacrera  son action politique : accéder à une sorte d’indépendance seigneuriale presque totale. Il  sera ainsi un des derniers grands princes indépendants, juste avant l’éclosion des différents États-nations qui seront le signe distinctif de la Renaissance, avec le développement de l’artillerie et de la finance internationale. Grâce à sa victoire à la bataille de Naujac contre les Armagnac, il fit prisonnier des centaines de chevaliers ennemis qui lui payèrent des rançons considérables.

Cette fortune acquise, il put conforter son indépendance entre l’Angleterre et la France. Il  institua une sorte de milice permanente avec tous les hommes de son royaume capables de se battre. Même les Grandes Compagnies, lorsqu’elles voulaient traverser son territoire, préféraient lui demander la permission, et elles juraient de ne pas commettre de violences et de pillages.

Les  Oraisons sont  formées de  3  prières en  latin, de 34 en français. Elles sont suivies de 3 textes de Gaston Phébus, plus personnels. Les prières en latin sont inspirées de prières monastiques du XIIe et XIIIe siècle. Les prières en Français datent du XIe siècle, mitées  des  Meditationes  de  Saint  Anselme, des Soliloquia et Manuale de Jean de Fécamp. Elles ont une connotation avec l’Ancien Testament plus forte que les prières en latin. Elles ne développent pas non plus les thèmes de la Passion et de la Rédemption. On peut y voir une influence du catharisme. La famille de Gaston Phébus avait soutenu ce grand mouvement issu de la pensée de la Gnose qui permettra l’éveil du protestantisme dans le Sud de la France. Dans ses trois derniers textes personnels, Gaston Phébus parle de ses péchés. Il explique sa vie, en chevalier, souffrant et persévérant par delà le bien et le mal. On pourra retenir cette phrase : Je ne suis rien si ce n’est vanité, ombre mortelle, prudence ténébreuse, terre abandonnée et vide qui sans ta bénédiction ne porte aucun fruit, sauf la confusion, le péché et la mort... moi, simple feuille et vanité, je suis homme vivant mais ma vie n’est qu’un souffle sur terre...

LES NOBLES ENLUMINURES

L’œuvre  magnifique de  Gaston  Phébus  a  été rédigée en  un  siècle où  l’imprimerie n’existait pas. Elle repose donc sur la plume et le dessin.
L’enluminure magique. Le rêve de la peinture sur un livre. La joie profonde du toucher et de contempler. De tenir en ses mains un chef-d’œuvre où ce qui orne complète ce qui est dit, pour une perfection mystique. On peut passer une heure sur une page. Et bien plus encore. Le but est non pas de lire le livre pour le terminer et en tirer une synthèse personnelle. C’est de s’imprégner de toute une ambiance. Non pas d’une ligne de force résumée, mais d’un ensemble de paysages, d’êtres vivants, de diversités, de joies, de détails et de principes sortis de la réalité et de l’expérience. C’est une façon de vivre saine, positive et aimante, toute une vision de la nature ou plutôt des natures : celle de l’homme, celle des animaux, celle de leur éco-système analysées de façon fulgurante. Gaston Phébus surveilla attentivement le travail de ses enlumineurs. Il  les avait sélectionnés lui-même. Il  leur donna des directives, il valida comme de nos jours on valide une maquette.

Le Livre de Chasse est illustré de 87 enluminures dans le style extrêmement agréable de l’enluminure parisienne du début du XVe siècle. La richesse d’illustration est comparable à celle des Bibles de l’époque.

Les enluminures ont été conçues par plusieurs artistes. Certains, dont  le  très  connu  Maître des  Adelphes, appartenaient à ce que l’on a appelé (un peu plus tard) le courant Bedford. On peut aussi citer le Maître d’Egerton, au style proche des frères Limbourg. Ainsi que le Maître de  l’Épitre  d’Othéa  qui  utilise une  texture  picturale épaisse, très différente de la facture lisse et porcelainée du courant Bedford.
Dans les enluminures, on ne cherche pas à figurer l’espace dans sa réalité géométrique, mais dans sa hiérarchie des valeurs. Cela donne toute une cohérence autre que celle des tableaux auxquels nous sommes habitués de nos jours, avec notre culture qui a évolué. L’important mis en valeur reste l’être, son rôle et sa morale, dans un espace qui en fin de compte est peu important, parce qu’il n’est qu’un passage vers une autre vie. C’est toute une leçon de vie moyenâgeuse. On utilise les correspondances.  Les parties du corps renvoient aux planètes, les fleurs aux étoiles et la terre au ciel. Les êtres, les animaux et les choses sont liés dans une même analyse dynamique, le visible et l’invisible se rejoignent, ils sont liés indéfiniment, et l’un répète l’autre dans cette idée que le microcosme est à l’image du macrocosme. Cette idée que l’on attribue à la Renaissance était déjà une idée du Moyen-âge.

LES VOYAGES D’UN LIVRE

On  a  répertorié 44  exemplaires du  Livre de  Chasse qui  ont  été  conservés. Les éditions Moleiro ont choisi de reproduire le manuscrit 616, parce qu’il semble le plus complet, avec des variantes enchanteresses. Les copistes, les  enlumineurs, étaient  eux  aussi  des  artistes, mais s’ils créaient, ils restaient dans la droite ligne du  texte  et  des  images qui  ornaient les  écrits. Aucune différence sur le fond n’existe ainsi entre le manuscrit 616 et le 619 qui est à la Bibliothèque nationale. On  ne  sait  pas  le  nombre  exact  de manuscrits originaux. Y  eut-il  au  départ  un  seul livre  publié, ou plusieurs, nul ne le sait. On a les preuves en  revanche que  Gaston Phébus prêtait son ouvrage, à Jean 1er d’Aragon, à Violante de Bar, au sénéchal de Toulouse. Plusieurs siècles plus tard le naturaliste Buffon le citera. Il l’avait donc lui aussi lu. L’historienne Claudine Pailhès* pense qu’il y a de fortes chances que ce soit le fils de Philippe le Hardi, Jean sans Peur, qui ait commandé le manuscrit 616, en copie du livre envoyé à son père par Gaston Phébus. Le texte est écrit en français, avec quelques caractères normands-picards. Il  a été réalisé au début du XVe siècle. Il  a été, par la suite, propriété de l’évêque de Trente Bernard de Cles, qui l’offrit Ferdinand 1er  de Habsbourg, le frère de Charles Quint. Il sera transmis à Louis XIV, puis à la réédition de ce livre fabuleux a été menée à bien par les Éditions Moleiro. Cette maison espagnole a le talent de reproduire le livre à l’identique. On peut parler de quasi-original. Les ouvrages sont reliés en peau tannée suivant les méthodes d’autrefois. Le papier est spécialement fabriqué à la main. Les codex reproduisent toutes les nuances des peintures, le parchemin, l’or, l’argent. C’est une pure merveille. Comme tous les livres de cette maison espagnole qui exécute un travail unique au monde. Le tirage, unique, est limité à un nombre toujours le même, 987 exemplaires numérotés et certifiés devant notaire Louis-Philippe qui le déposera au Louvre. En 1848, il est remis à la Bibliothèque nationale.
 
LE ROMAN DES DÉDUITS

Ce livre  a été écrit par Gace de la Bigne. Il était chapelain des rois de France et il fut compagnon de Jean Le Bon lorsque celui-ci fut prisonnier en Angleterre au château de Hertford... C’est ce dernier qui lui demanda d’écrire ce livre sur leur passion commune : la chasse. Afin que cela  serve à l’éducation de son fils Philippe Le Hardi. L’œuvre est écrite en vers. Le veneur Amour de chien et le fauconnier Amour d’oiseau racontent et comparent  leurs arts respectifs. L’auteur évoque le chant des chiens, et il montre bien que cet amour de la chasse est une des composantes majeures de la vie poétique et sensible de la noblesse. Là aussi, c’est toute une symbolique, pour un ordre structuré, dynamique, attaché  au  sens  profond   de   la  nature  humaine. C’est une sorte de continuité de la messe, c’est un chemin qui mène à Dieu.

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