7 chefs-d’oeuvre qui feront de votre bibliothèque un musée



Par Malika Bauwens • le 1 juillet 2020
 

De la reliure en peau au précieux parchemin, en passant par la patine laissée par le passage du temps et même l’odeur de l’ouvrage original… Depuis plusieurs décennies la maison Moleiro édite avec une fidélité absolue les plus grands manuscrits du monde. Effeuillons, pour le plaisir des yeux, quelques-uns de ces trésors qui font rêver les connaisseurs.
 

1. Une « Révélation » en couleurs

Des couleurs flamboyantes, un trait délicat et précis, du mouvement et beaucoup d’action ! La spectaculaire Apocalypse de Val-Dieu, livre de la Bible, n’a décidément rien à envier à nos superproductions hollywoodiennes modernes. Avec trois autres manuscrits, cet ouvrage du XIV siècle appartient au groupe des « Apocalypses normandes », probablement exécutées dans la région de Coutances, en Normandie. Précieusement conservé à la British Library de Londres, ce manuscrit aux merveilleuses miniatures n’a cessé, à travers les siècles, d’éblouir les spécialistes pour sa qualité picturale, qui admirent tant ses fonds extrêmement travaillés (ceux des autres manuscrits sont neutres) que ses ornements végétaux rehaussés d’or. Ces drapés et ces personnages si gracieux constituent donc un trésor rare que la maison Moleiro a édité dans la plus pure tradition de la reliure et du parcheminage.

L'Apocalypse de Val-Dieu
British Library, Londres
Vers 1330, ± 325 x 225 mm, 108 pages, 83 enluminures enrichies avec de l’or.
Édition première, unique et limitée à 987 exemplaires numérotés et certifiés devant notaire

2. Le livre de chevet des naturalistes

Composé avec beaucoup de soin entre 1387 et 1389, le Livre de la chasse de Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn, dédié au duc de Bourgogne Philippe le Hardi est, en plus d’être une merveille pour les yeux, une référence pour les adeptes de la chasse et les amoureux de la nature. Décrivant en quatre-ving-cinq chapitres et en quatre-vingt-sept enluminures de haute facture les animaux dans leur environnement, le Livre de la chasse a posé les bases d’une vaste histoire naturelle dont s’inspirera, des siècles plus tard, le naturaliste Georges Buffon (1707–1788), père de la description de la faune. Au-delà de la chasse, ce joyau de l’art gothique conservé à la Bibliothèque nationale de France délivre aussi une leçon de vie où résonnent les éternels questionnements de l’homme.

Gaston Fébus, Livre de la chasse
Bibliothèque nationale de France, Paris
Début XVe siècle, ±370 x 275 mm, 436 pages, 87 enluminures, reliure en maroquin.
Édition première, unique et limitée à 987 exemplaires numérotés et certifiés devant notaire.

3. De nature curieuse

Plus qu’un herbier, cet extraordinaire codex de la Renaissance recèle 168 merveilleuses illustrations botaniques. On doit ces miniatures raffinées de plantes et de paysages à Gherardo Cibo (1512–1600). Ce botaniste et peintre italien au trait de génie a mis en scène les Discorsi du médecin siennois Pietro Andrea Mattioli, version modernisée du traité de médecine de Dioscoride faisant autorité, De Materia Medica. Offrant une rare plongée parmi la nature, ce manuscrit permet d’en percer certains secrets et de découvrir les bienfaits des plantes. Le fenouil marin, déjà populaire du temps d’Hippocrate et de Pline, était utilisé comme diurétique quand la primevère était prisée des femmes pour ses vertus cosmétiques.



Dioscoride de Cibo et Mattioli
British Library, Londres
Vers 1564-1584, 265 x 195 mm, 370 pages, 168 enluminures, reliure en cuir noir décoré à l’or.
Édition première, unique et limitée à 987 exemplaires numérotés et certifiés devant notaire.

4. Des heures de lumière

Soixante miniatures, inspirées du Nouveau Testament et de la vie des saints, peintes en grisaille ou avec de subtiles couleurs nuancées en pleine page, pratiquement sans texte. Quand ce dernier est présent, il se dévoile sur fond d’or… Dans les marges, des rinceaux végétaux ont poussé. Quel cycle somptueux ! Les fastueuses Heures d’Henri IV brillent littéralement de mille feux tant l’or s’est invité à profusion dans ses pages. Ce livre d’heures, renfermant les psaumes et prières traditionnelles de ce type d’ouvrages, arbore sur les couvertures les armes d’Henri IV. Mais son origine demeure mystérieuse…


Les Heures d'Henri IV
Bibliothèque nationale de France, Paris
Vers 1510, 225 × 155 mm, 180 pages, 60 enluminures à pleine page en grisaille, 16 petites à la plume, reliure en maroquin, volume de commentaires en couleurs.
Édition première, unique et limitée à 987 exemplaires numérotés et certifiés devant notaire.

5. Voyage en terres australes

Si on ne sait rien du « Nicolas Vallard de Dieppe » figurant au frontispice de cet exceptionnel ouvrage, on lui reconnaît toutefois l’influence de la topographie et toponymie portugaises, en vogue dans les premières cartographies du monde. Fait rare, le nord est orienté vers le bas : une caractéristique très curieuse que l’on retrouve habituellement dans les cartes d’origine arabe. Autre pépite de cet Atlas Vallard décrivant ce que l’on connaît du monde dans les années 1530 : pour la première fois dans l’histoire, il montre une certaine « Terre de Java », soit la côte orientale de l’Australie… 200 ans avant sa légendaire découverte (mais néanmoins erronée) par Thomas Cook !


Atlas Vallard
The Huntington Library, États-Unis
1547, 280 x 390 mm, 68 pages, relié en maroquin rouge orné d’or.
« Quasi-original », édition première, unique, numérotée et limitée à 987 exemplaires certifiés par notaire.

6. De l’érotisme

Du désir, de l’amour et du plaisir… Traduction persane d’un texte de l’Inde musulmane, ce beau manuscrit enluminé constitue un véritable traité de sexologie où se dévoilent de pleines pages de scènes amoureuses. Outre de nombreux conseils pour entretenir la libido et des prescriptions pour résoudre les problèmes sexuels, le brûlant Lazzat al-nisâ dresse un portrait des femmes et de leurs préférences érotiques en fonction des jours et des heures.


Lazzat al-nisâ
Bibliothèque nationale de France, Paris
Fin du XVIIIe siècle, 200 pages enluminées, 51 miniatures, reliure indienne en cuir estampé, volume de commentaires en couleur.
Édition première, unique, numérotée et limitée à 987 exemplaires certifiés par notaire.

7. Un grand classique

Les spécialistes du monde entier sont unanimes : la Bible de saint Louis, conservée en la cathédrale de Tolède, est l’un des plus beaux joyaux ayant traversé les siècles. Le manuscrit, fidèlement restitué par la maison d’édition Moleiro, fait partie à l’origine d’une famille de sept bibles, connues sous le nom de « bibles moralisées ». Copiées et enluminées au XIII siècle pour les membres de la dynastie capétienne qui régnait alors sur le royaume de France, ces livres affichent une richesse sans commune mesure. Les 4 887 scènes bibliques d’une grande force expressive déploient une vaste palette de couleurs : des bleus, des verts, des rouges, des gris, des oranges… sur un fond d’or bruni. Une pinacothèque royale !



Bible de saint Louis
Sainte église primatiale de Tolède
1226-1234, 422 x 300 mm, 3 volumes, 1 230 pages, 4 887 scènes historiées enluminées de la Bible.
« Quasi-original », édition première, unique, numérotée et limitée à 987 exemplaires certifiés par notaire.
 


L'article disponible en ligne : https://www.beauxarts.com/lifestyle/7-chefs-doeuvre-qui-feront-de-votre-bibliotheque-un-musee/
 

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