Atlas universel de Fernão Vaz Dourado

Atlas universel de Fernão Vaz Dourado Carte 10: Le Canada
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Carte 10: Le Canada

Varnhagen affirme dans la première description de cette carte : «Sur le 5e folio, la carte nous éclaire peut-être suffisamment pour que nous puissions juger du fondement de la découverte et de l’établissement des Portugais sur les côtes de l’Amérique septentrionale.» L’historiographie portugaise eut souvent recours aux images de Fernão Vaz Dourado pour répéter les paroles du chercheur brésilien. À la fin du xixe siècle, Ernesto do Canto analysait la liste des toponymes au long des littoraux figurés sur la carte pour confirmer encore une fois la primauté des découvertes portugaises en Amérique du Nord.

Sur la carte, nous observons les territoires actuels du Canada oriental et du Nord-Est des États-Unis, avec une plus grande concentration d’informations autour de Terre-Neuve et de la vallée du Saint-Laurent, la principale voie de pénétration à l’intérieur du continent. Terre-Neuve était connue depuis longtemps par les Portugais en raison de leur intérêt pour la pêche morutière, d’où la référence insérée dans le titre à cette « costa dos bacalhaos ».

Bien que le méridien de Tordesillas ne soit pas figuré, on part du principe qu’il divise l’espace représenté : à l’ouest, les possessions espagnoles ; à l’est, les portugaises. Ainsi s’explique la présence d’un blason avec les armes de Castille et d’Aragon, approximativement à l’intérieur de l’actuel État du Maine et un autre avec les armes du Portugal au nord du Saint-Laurent, sur la « Terre du Labrador ». Finalement, au sud du Saint-Laurent, l’indication « Terre des Corte Real » rappelle l’arrivée des frères Corte Real, en 1501. Les drapeaux avec la croix de l’ordre militaire du Christ sont plantés sur les îles de la Madeleine, au centre du golfe du Saint-Laurent, et à l’extrême sud-est du Labrador. À l’est, occupant une large partie de la carte, s’étend la « mer Océane ».

À propos de l’importance de cette image dans la cartographie internationale, Max Justo Guedes fait le commentaire suivant : « Les points les plus intéressants de cette œuvre vaste [...] concernent l’Amérique du Nord. Au nord-est, Vaz Dourado a suivi le prototype franco-lusitanien des découvertes de Jacques Cartier, qui avait été d’abord présenté par l’auteur anonyme de l’atlas dit « Vallard », mais il s’est servi du dessin de Diogo Ribeiro – avec des modifications postérieures – pour le contour de l’Atlantique. »

João Carlos Garcia
Faculdade de Letras, Universidade do Porto
(Extrait du volume de commentaires Atlas universal de Fernão Vaz Dourado)
 

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