Naufrage de la flotte mongole, f. 73v

Livre des merveilles du monde, Marco Polo - Odoric de Pordenone

Livre des merveilles du monde, Marco Polo - Odoric de Pordenone Naufrage de la flotte mongole, f. 73v
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Naufrage de la flotte mongole, f. 73v

Cipango (Japon), était une île très vaste, dont les habitants étaient indépendants et idolâtres. Elle se trouvait si éloignée de la côte que les marchands y arrivaient rarement ; c'est pourquoi l'or, les perles aux teintes rougeâtres et les pierres précieuses y abondaient.
Kubilai Khan ne tarda pas à reconnaître la valeur de l'île et, décidé à la conquérir, envoya une grande flotte sous le commandement de deux de ses généraux. Dès le début, l'expédition fut marquée par la méfiance : les deux hommes se détestaient. À leur arrivée, le kitakaze se mit à souffler avec violence et, les deux généraux refusant de coopérer, le voyage tourna au désastre. En tentant de fuir, les navires entrèrent en collision et beaucoup firent naufrage ou dérivèrent en mer.
Trente mille hommes survécurent au naufrage et atteignirent un îlot voisin. De là, ils virent d'autres navires s'éloigner, les croyant morts.
Sans nourriture ni espoir, ceux qui avaient survécu mais furent donnés pour morts restèrent sur l'îlot. Les habitants de Cipango attendirent que la mer s'apaise avant de partir capturer les survivants. Cependant, ils négligèrent leurs propres navires, et les naufragés profitèrent de cette erreur pour s'en emparer et se diriger à toute hâte vers la grande île. À leur arrivée, pris pour l'armée locale, ils furent admis sans résistance. En l'absence des hommes, ils s'emparèrent de la ville, chassèrent les vieillards et prirent les femmes pour les servir.
Les hommes du Grand Khan résistèrent dans la ville pendant sept mois, mais sans provisions, incapables d'avertir le Grand Khan et assiégés par les habitants de l'île, ils durent négocier pour survivre. Ils se rendirent, et c'est ainsi qu'ils demeurèrent sur cette île pour le reste de leur vie.
De son côté, Kubilai Khan ordonna la condamnation à mort des deux généraux pour leur discorde : l'un fut décapité, et l'autre condamné à mourir lentement sur une île déserte, privé de ses mains afin qu'il ne puisse subvenir à ses propres besoins.


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